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Biographie
Du Sénégal à la France où il demeure depuis une dizaine d’années, Dieourou Cissoko alias Ali Boulo Santo, d’origine Manding-Ko, ne vit pas une journée sans sa Kora dans les mains. Né à Thiès, au nord de Dakar, il est issu d’une lignée de plusieurs dizaines de générations de Griots.
Son père Bakary Cissoko, Griot célèbre et Chef d’Orchestre à la Gendarmerie Nationale de Dakar, l'initie à son tour à la Kora dès son plus jeune âge, dans la plus pure Tradition.
Cet artiste émérite, auteur-compositeur-interprète, passionné et singulièrement doué, se voit désigné comme le digne héritier de son grand-père Soundioulou Cissoko, surnommé « le Roi de la Kora ».
En 1992, il obtient le diplôme du Conservatoire National de Musique Traditionnelle de Dakar.
Doté d’une personnalité et d’une virtuosité hors normes, il choisit de se démarquer et s’engage vers sa propre voie artistique en prenant le pseudonyme d’Ali Boulo Santo avec pour symbole l’ouverture, la paix, la reconnaissance, tel le messager de valeurs essentielles qu’il véhicule dans son œuvre.
Pionnier-créateur à de la première Kora à pédale wah-wah à moins de 20 ans, il enrichit ainsi son répertoire de sonorités et de styles contemporains tout en mettant en valeur ses racines.
En 2000, Frédéric Galliano, saisi par le talent du jeune homme, l’engage pour un projet qui le conduit sur les plus grandes scènes du monde, avec l’Orchestre Maquisard International dont il est l’un des leaders puis avec le collectif « African Divas » au sein duquel il compose, chante et joue avec brio, entraînant la Kora, instrument traditionnel d’Afrique de l’Ouest, dans un environnement de musiques électroniques donc des plus actuelles.
Ali Boulo Santo apporte avec générosité tonalités inattendues, ose sur sa Kora des rythmes tels l’afro-beat, le rock en passant par le jazz, la pop, le folk, le reggae, la salsa ou le blues, sans craindre de les associer à son registre traditionnel confortant ainsi son génie de grand découvreur.
Son savoir-faire, sa voix profonde, ne manquent pas d’interpeler de prestigieux artistes. Il collabore avec des jazzmen parmi les plus réputés, Doudou Guiriand, les frères Belmondo, Tony Allen, Piers Faccini, Julien Baer et d’autres artistes de renommée internationale.
De ces différentes expériences naissent quatre albums majeurs : Ali Boulo Santo et Hadja Kouyaté, Ali Boulo Santo Komo Fellé et Farakala avec Trilok Gurtu, et son dernier en date "Hommage à Bakary" et nombre d'autres dans lesquels il participe en tant que chanteur, musicien, compositeur ou arrangeur tels Kirikou et Karaba, Racines du Ciel, Naturel et Silmakha avec Fania, New Cool Collective Jazz Band d’Amsterdam.
Sans relâche il poursuit sa voie et sa recherche autour de l’héritage familial, complète sa Kora d'effets multiples et bien ancré dans son temps, n’hésite pas à s’appuyer sur les atouts informatiques et électroniques pour faire évoluer son Art
Dans son dernier album, toujours plus novateur, il associe une grande variété d’instruments musicaux traditionnels et modernes de tous horizons, dans une fusion des genres et sans la moindre trahison culturelle, témoignant une fois encore de son esprit d'ouverture.
En toute discrétion, cet artiste insatiable consolide cette passerelle entre l’Afrique et l’Occident, optimise cette dualité qu’il représente, point de jonction entre Cultures et Musiques du Monde, avec humanité, sincérité et respect en demeurant toujours fidèle à lui-même.
D. Labanère-Barthélemy